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Didier Awadi est sans conteste la
figure la plus visible du rap africain francophone.
Lauréats du prix RFI Musiques
du Monde en Oct 2003 et du Meilleur Artiste rap africain aux TAMANI
(Trophées de la musique au Mali ) Déc 2004, il a derrière lui un
parcours sans faute de pionnier et de défricheur d'un genre musical
qui est devenu, ces dernières années, le genre majeur pour la
jeunesse d'Afrique et celle du
monde.
Avec son groupe, Positive
Black Soul, il a réalisé plusieurs albums à la qualité artistique
sans faille, ouverts sur l?Europe et les Etats-Unis. A la fois
artiste et entrepreneur (il est producteur artistique, animateur
radio et télé, patron d'un studio et d'un label, ainsi que de
sociétés de sonorisation et de sécurité ), Didier Awadi est le
meilleur exemple imaginable de cette génération qui crée, entreprend
et utilise à bon escient les possibilités technologiques du monde
moderne aussi bien que les acquis culturels immémoriaux du continent
père. Tout cela, il le met au service d?une musique toujours
consciente, une musique de racines et de messages, à travers
laquelle il s'adresse au monde, parce qu'il a des choses à lui
dire.
Didier Awadi est né à Dakar en 1969, dans une famille
d'instituteurs, d'un père béninois et d?une mère sénégalaise. Touché
dés l'adolescence par le virus du hip hop, il devient DJ et rappeur
vers le milieu des années 80, et commence à se faire un nom au sein
de la balbutiante scène locale avec son premier groupe, le Didier
Awadi?s Sindycate. Au même moment, un groupe concurrent, les Kings
MC, menés par Amadou Barry, alias Doug E Tee, se posent en
challengers. Awadi est issu du quartier « Amitié 2 », Doug E Tee du
« Liberté 6 », et à l'instar du des rappeurs de New York ou de
Paris, c'est une mission vitale, l'essence même du rap, que de «
représenter » pour son quartier d'origine. La rivalité entre les
deux leaders et les deux groupes aboutis à une union, en 1989, quand
Awadi, soucieux d'enterrer la « hache de guerre », invite Doug E Tee
à sa soirée d'anniversaire.
Les deux rappeurs charismatiques
de la scène dakaroise se découvrent une vibration commune, basée sur
un profond respect pour les racines de leur culture et pour son
histoire. Fascinés par le rap américain, ils veulent se donner les
moyens de produire une musique d'une qualité équivalente en y
infusant des éléments de leur culture africaine. Sur cette musique,
ils veulent poser des messages forts, exprimer un rap militant,
ancré dans leur propre réalité de jeunes Africains ouverts sur le
monde et décomplexés par rapport à l'Occident.
Positive Black
Soul est né, et renforce sa notoriété locale par le biais des
concerts. En 1992, PBS enregistre un titre pour une compilation
patronnée par le Centre Culturel Français, et s?y fait remarquer. MC
Solaar, en villégiature à Dakar à cette époque, les invite à
partager l'affiche avec lui lors de sa tournée française. Ils
reviendront jouer en France plusieurs fois, mais chez eux, la
situation économique du rap est inexistante, alors il leur faut
attendre 1994 pour s'autoriser une première cassette auto produite,
Boul Falé. Cette production renforce leur prééminence sur le rap
africain francophone et leur ouvre les portes de collaborations avec
Africa Fête et le chanteur Baaba Mall, qui les introduit auprés du
label Mango Island. Signés sur un label international, ils peuvent
tourner à travers toute l'Europe où leurs qualités scéniques les
font remarquer. Ils sortent sur ce label un premier CD, Saalam, sur
lequel ils reprennent quelques-uns des morceaux qui les ont fait
connaître en Afrique, puisqu'ils les avaient publiés sur les
nombreuses cassettes qu'ils avaient produites depuis Boul Falé.
L'album montre l'étendu de leur inspiration, la ferveur de leur
militantisme, et bénéficie d'un featuring de MC Solaar.
Dans les années qui suivent,
Positive Black Soul imprime sa marque sur le rap international en
tournant à travers l'Afrique et le monde ; ils chantent aussi bien à
New York qu'a Johannesburg ou Paris. C'est au Midem de Cannes, en
1997, qu'ils rencontrent leur producteur, Van Gibbs, le père de Salam
Remi, lui-même producteur des fameux Fugees. Les deux Américains
mettent leur savoir-faire et leur studio new-yorkais à la
disposition de PBS, qui enregistre l?album Run Cool, avec le renfort
des Jamaïcains Red Rat et Ky Mani Marley (un fils de Bob) ou de la
chanteuse franco - camerounaise Princesse Erik. Run Cool est
distribué par la major WEA.
En 2003 sort, sur le label
indépendant Night & Day, un album jusque-là disponible
uniquement en cassette sur le marché sénégalais. New York - Paris -
Dakar est en fait leur deuxième album, bloqué plusieurs années par
Island pour des raisons contractuelles. Ils y ont invité K-mel, le
rappeur d?alliance Ethnik, Manu Key de la Mafia K'1 Fry, et le «
pape » du Hip Hop, le New Yorkais KRS One.
Après
d?innombrables concerts et tournées tout autour de la planète,
Didier Awadi et Doug E Tee décident de mettre une parenthèse
temporaire à Positive Black Soul, le temps de se livrer à des
exercices personnels.
Pour Didier Awadi, c'est un
premier album solo, Parole d'honneur, qui sort en 2001 au Sénégal
uniquement, qui se révèle une réussite artistique parfaite, où le
rappeur montre son panafricanisme réfléchi, abordant une multitude
de thèmes cruciaux comme la dette, le patrimoine dilapidé, ou les
tensions politiques.
En fin 2004, AWADI est
programmé avec son groupe pour prendre part au WOMEX en Allemagne.
Quelques mois après est prévue la sortie internationale de son
nouvel album solo.
Cet album, signé en édition
chez Sony Publishing, portera le nom de « Un Autre Monde Est
Possible » car seul ou en groupe, Didier Awadi a encore des messages
à adresser à la jeunesse qui l?écoute.
Une production d'une haute
maturité où AWADI s'ouvre, une fois de plus, aux multiples sonorités
musicales du Monde et le tout enroulé dans des textes intelligents
pour un éveil massif des consciences afin que Tous ensemble nous
soyons sûrs qu'UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE. |
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